Logements rue Lemaire

A l’Ouest de l’hyper-centre de Bruxelles, le quartier aux îlots distendus s’est construit entre le début du XXème siècle et aujourd’hui. Le Boulevard Louis Mettewie assure un lien Nord-Est/Sud-Ouest structurant pour l’ensemble de la zone et ce, jusqu’à son inflexion paysagère, support d’une intervention conforme aux principes corbuséens.

La cité de Saulnier (R+1) et les tours l’Ecluse (R+25) sont distantes d’un petit 200 mètres. Les Gabarits intermédiaires (R+3, +5 et +8) semblent assurer une continuité bâtie « peu engagée », faite de compromis et parfois monotone, où la dimension des voiries laisse percevoir, sans obstacle et sans retenue, les interminables variations sur le thème de la façade d’ensembles de logements collectifs. Par ailleurs, l’association spatiale entre des zones de recul difficilement appropriables et les accès aux parkings sous les immeubles est très peu structurante pour l’espace public. Un carrefour aux dimensions serrées et la présence de commerces de proximité rassurent.

Le site « Lemaire » serait un moment charnière entre ces extrêmes, la gestion de ceux-ci trouvant son apogée avec la nécessité d’un raccord improbable entre la nouvelle construction et le pignon d’une maison (R+1+comble) de 1926 et dont le faîtage est positionné perpendiculairement à la voirie.

Le raccord à la petite maison côté rue Armand de Saulnier respecte le gabarit de celle-ci ainsi que le système d’alternance auquel elle participe (habitation/garage/habitation…). Le raccord avec l’immeuble en R+5 est quant à lui établi de manière franche, sur base d’un prolongement de la hauteur sous corniche du volume existant. La mise en place d’un gabarit R+8 ponctuel résulte d’un travail fin d’observation sur l’essence d’un lieu et les potentialités révélées.

La zone de recul située au niveau de la rue Lemaire est délimitée par le prolongement naturel et partiel du soubassement du bâtiment. Ce parvis offre la double lecture d’un espace destiné au mouvement (accès vers l’entrée principale) et d’un espace d’arrêt et de convivialité bien orienté, agrémenté de la présence de trois arbres et de mobilier urbain. La zone ainsi définie dispose du potentiel de rassemblement et de rencontre entre les résidents, les visiteurs (amis, familles,…) et pourquoi pas, le citoyen de passage.

Le potentiel de vie collective du projet est déterminant, dès lors que celui-ci est destiné à accueillir des personnes âgées. Si l’âge des personnes accentue le potentiel d’isolement, le lieu qui les abrite devra faciliter les rencontres entre celles-ci. Le terrain fertile pour le développement d’une vie collective justifie le regroupement, au rez-de-chaussée, et à proximité physique et visuelle de la vie d’un quartier, de l’ensemble des fonctions développées en partenariat avec le CPAS en vue d’offrir aux futurs occupants un accompagnement social adapté.
Lieu:
Molenbeek-Saint-Jean
Maître d'ouvrage:
SLRB
Statut:
Non réalisé
Type de marché:
Appel d'offre restreint
Date:
2013
Coût:
3.324.274,00 € htva
Ingénieur Stabilité:
Ellyps s.a.
Ingénieurs techniques spéciales:
Ellyps s.a.
Crédits photos/images:
Alain Janssens (photos maquettes) / WEIß (image 3D)